Après une première semaine d’acclimatation, me voici enfin prête à faire de nouvelles expériences dans mon pays d’adoption.

Dimanche

Ainsi ai-je décidé de prendre mon courage à deux mains et de me lancer dans une tentative de connexion avec le reste du monde en me rendant à vélo dans un hôtel où le wifi est accessible et gratuit.

Le souci dans la plupart des cybers café, c’est que la connexion est très lente et qu’il est fortement déconseillé d’utiliser sa clé usb privée si l’on ne veut pas prendre le risque de voir décéder son meilleur ami l’ordinateur dans les jours qui suivent cet élan de naïveté.

Après 10 mn de pédalage acharné, j’atteins l’un des plus vieil hôtel de Yangon et l’un des plus prestigieux. Tout en bois vernis, le Governor’s Residence surplombe une piscine bleu nuit ondulant à travers les pilotis du bâtiment où les paresseux se dorent au soleil. Le cadre est magique et l’ambiance paisible. Seuls les prix pratiqués peuvent donner un léger goût amer…

Governor's Residence - Hôtel Yangon
Governor’s Residence – Hôtel Yangon

Autour de chez moi, il est possible de se déplacer à vélo mais dans un rayon de 10 à 15mn, au-delà il est nécessaire de prévoir un équipement anti-collision voiture et des habits de rechange…

Me voilà donc prête à investir la toile ! Cependant, si le décalage horaire (4h30 de plus ici) ne pose en général pas trop de problème pour communiquer avec la France, cela nécessite parfois de braver certains dangers au péril de sa vie.

Danger n°1 : Le moustique

Durant la journée, mes trèèès chers amis les moustiques restent généralement assez discrets, mais une fois la nuit tombée et à plus forte raison à proximité d’une piscine, ces féroces prédateurs n’ont besoin d’aucun radar pour détecter leur proie = moi. En effet, on ne change pas une équipe qui gagne, apparemment je dois représenter une denrée rare dans le monde entier, puisque une fois encore, je suis l’unique personne à me faire attaquer par mes amis suceurs de sang. Enfin rien de comparable avec le Bénin, rassurez-vous, mes jambes restent encore visibles à l’œil nu.

Après cette première soirée passée à la merci des moustiques, une première leçon s’est imposée à moi : Toujours garder à portée de main un pulvérisateur de bestioles après le coucher du soleil.

Après ce passage douloureux, me voici à nouveau sur la route, confiante et attentive pour tenter de retrouver le chemin inverse, de nuit et sur une route jonchée de trous béants et peuplée de voitures, pour rentrer chez moi. Tous ceux qui me connaissent, connaissent également mon sens de l’orientation légendaire et peuvent être fiers de moi, car j’ai retrouvé mon chemin sans encombre et sans me perdre ! Cependant, je dois l’accorder, les explications détaillées de Delphine m’ont beaucoup aidé à me repérer sur ce terrain inconnu…mais quand même, tout droit, 3e à droite puis à 2e à gauche, la confusion est possible!

Chez Partenaires, l’ONG pour laquelle je travaille,  nous avons deux vélos à disposition pour nous déplacer où nous le souhaitons. C’est donc à bord de mon superbe vélo des années 60 – panier inclus – que je me déplace dans les environs.

Yangon est une ville est étonnamment sûre mais le plus grand danger reste les routes défoncées et les immenses trous au sol.

Comme vous pouvez le constater, quand je dis routes défoncées, ça ne rigole pas ici. L’état du réseau routier béninois est largement hors concours ! Comme le fait bien remarquer mon Lonely Planet, à Yangon, le risque est plus grand, paraît-il, de se casser une jambe en marchant sur le trottoir que de se faire voler son sac à main.

La seconde leçon que j’ai pu retenir après cette brève aventure est: qu’il est conseillé de toujours dédoubler son regard sans jamais perdre de vue le sol et la route devant et derrière soi. Les voitures sont aussi de véritables dangers – comme partout dans le monde me direz-vous – mais ici, la situation est assez exceptionnelle et vaut vraiment le coup d’œil. Je me suis d’ailleurs pas mal interrogée sur les raisons ou plutôt COMMENT les dirigeants ont-ils pu imaginer une chose aussi absurde.

En effet, la Birmanie est le seul pays au monde où les voitures roulent à droite avec un volant à droite… Ceci explique cela, mais vous comprendrez bien que les dépassements peuvent parfois s’avérer dangereux…

Cette étrange situation trouve son explication dans l’histoire compliquée du pays. Sous l’occupation britannique, les voitures roulaient à gauche. Depuis l’indépendance du pays, les généraux ont souhaité rompre tous liens avec le passé et ont décrété un jour que désormais les voitures rouleraient à droite. C’est comme ça et pas autrement.

Mais pas question pour autant d’imposer de modifier l’anatomie des voitures  ou d’ouvrir le pays à l’importation de voitures étrangères logiquement conçues pour une circulation à droite, que nenni, les gens se débrouilleront ! Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font…
Soit dit en passant, le marché de l’automobile s’est ouvert à l’étranger depuis un an, les choses changent !

La suite très vite !

Juste en passant, ici, il fait 30°, enfin je dis ça, je dis rien, hein…

Bizooox ! Aurélie

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