Chaque pays recèle de surprises et la Birmanie ne fait pas exception !

 La nourriture

Round 1

La nourriture est un point essentiel du quotidien de chacun, puisque effectivement on ne peut pas vivre sans et je pourrais même aller jusqu’à dire que c’est si bon de manger que c’est essentiel de trouver un certain équilibre pour se sentir bien. Cependant, le Myanmar m’a réservé quelques surprises inattendues et mes premiers échanges avec la nourriture ont été un peu perturbants.

Après avoir épuisé toutes mes soupes en sachet et fait le tour des petites épiceries du quartier, je décide de me rendre dans un petit restaurant qui se trouve à deux pas de la maison. En quête de nourriture, je m’y étais déjà rendu une première fois pour commander une spécialité Shan que Delphine m’avait conseillé. C’est donc en toute confiance que je me rends pour la seconde fois dans ce repère traditionnel pour goûter de nouvelles saveurs du pays.

Ce petit resto a un certain charme, hormis le fait que seuls les hommes sont présents et que les serveurs ne parlent pas anglais. Facile de rester incognito donc.

Heureusement, le menu est traduit en anglais, je ne suis pas obligée de jouer à la roulette russe en prenant le risque de me retrouver avec un riz aux fourmis ou une plâtrée de sauterelles grillées. Après plusieurs minutes d’hésitation devant la multitude de choix et les points d’interrogation qui se forment dans ma tête, je me décide pour un curry de poulet. Bon. Il faut savoir que les serveurs attendent aussi toujours derrière prêt à bondir pour prendre la commande au moindre mouvement. Pas de pression du tout. Finalement ce n’est pas si simple de commander un simple repas.

Tout le monde a sa propre idée du curry. Cette version est quelque peu différente de ce que j’avais imaginé. Voilà le serveur qui revient quelques minutes plus tard avec un sachet rempli d’une sauce inconnue et de morceaux de viande. Le riz manque à l’appel. Comment leur faire comprendre que je voudrais bien accompagner mon repas d’un peu de riz, j’ai faim…Mission impossible. J’ai tout essayé, dans toutes les langues (sauf en birman bien sûr), mimes compris, et ils n’ont pourtant toujours aucune idée de ce que je leur demande. Impossible bien sûr de reconnaître sur le menu la traduction du mot riz…

Plusieurs minutes s’écoulent, un certain malaise apparaît aussi parce que je ne sais plus comment me sortir de cette situation et ma faim est toujours là ! C’est alors que quelqu’un m’aborde en anglais, et voyant mon désarroi, il tente de venir à mon secours. Heureusement, il comprend rapidement ce qu’il me manque pour pouvoir repartir et fait la traduction aux serveurs, je peux voir une lumière apparaître sur leurs visages, enfin !

La troisième leçon que j’ai pu retenir : C’est que investir dans un petit dictionnaire anglais – birman peut s’avérer très utile pour se sortir de situations compliquées.

Round 2

Entre temps, je m’enquiert de savoir ce que mon sauveur mange afin d’élargir un peu mon panel de dégustation – Riz sauté au poulet/crevettes/porc/bœuf –  nouilles sautées – bref, j’ai vite fait le tour et mon appétit commence à s’étioler un peu. Malgré un anglais basique compréhensible, je n’ai pas tout compris de sa réponse. Je lui demande s’il peut commander pour moi ce que je pense être une sorte de pain. Pas de souci. 10mn plus tard, je repars avec mes petits sacs en remerciant tout le monde.

Quelle surprise de découvrir que j’ai finalement deux repas entier. Bon, ce n’était pas prévu mais ce n’est pas grave, ça fera mon repas du lendemain. Le curry s’avère être finalement pas si mal et « le pain » n’est autre qu’une omelette. Le lendemain donc, confiante, j’ouvre mon doggy-bag et c’est alors que j’aperçois un haricot vert. Ho joie ! Le haricot vert est ici un légume venu d’une autre planète. Je croque donc à pleine dent dedans pour me rendre compte quelques secondes plus tard que le haricot n’est autre qu’un piment…Qui n’a jamais fait cette expérience peut difficilement imaginer la douleur qui s’est gravée sur mon visage. Normalement, le conseil qui est donné en ce genre de circonstance est de manger du pain. Pas de pain sous la main. Juste de l’eau…c’est donc la bouche en feu et les larmes aux yeux que j’ai englouti mon riz aux crevettes en vidant des litres d’eau pour combattre les brûlures de ma bouche.

Bref, j’ai mangé un piment.

Le supermarché

Lorsque Delphine était encore là, elle m’a bien expliqué les différents endroits incontournables que je devais absolument connaître pour pouvoir survivre ici. Le supermarché en fait partie. Le plus proche Super Mart du coin se trouve à environ 15 – 20 mn à pied de la maison. Nous y avions été ensemble la première semaine et fidèle à moi-même je n’ai pas regardé le chemin une seule fois.

Cependant, le riz, les nouilles et les œufs ont eu raison de moi et je n’ai pas eu d’autre choix que de me lancer dans une nouvelle aventure à la recherche de nourriture en dehors de mon périmètre habituel.

J’enfourche donc mon vélo et me lance à corps perdu dans la petite route qui mène qui City Mart en suivant scrupuleusement le plan que Delphine m’avait dessiné. Je ne vous le cache pas, je me suis perdue. J’ai dû louper un embranchement car j’ai mis plus de 30mn pour m’y rendre. Le supermarché est normalement le lieu de toutes les tentations. Ce n’est pas le cas ici. Difficile de se retrouver parmi les produits inconnus écrits en birman et les produits occidentaux qui faisaient mon quotidien et qui sont désormais hors de prix (Pot de Nutella à 8 euros…adieu délicieux compagnon désormais hors budget).

C’est alors que j’aperçois ce dont je rêve secrètement depuis mon arrivée : UN VENTILATEUR. Cet engin en plastique a tout simplement changé ma vie. Ici, le thermomètre ne descend jamais en dessous de 28° et pas un brin d’air en vue la plupart du temps. Les chambres sont bien équipées d’une « clim », mais qui n’a rien de comparable avec ce que l’on entend habituellement. La ventilation de ma première chambre faisait l’effet d’un souffle chaud à 1m50 du sol et après une semaine, une bonne odeur de pigeon crevé s’est ajoutée à cela…J’ai donc combattue la chaleur comme j’ai pu, mais les deux premières semaines ont donc été compliquées.

Ainsi, à peine ai-je aperçu mon nouveau meilleur ami, que j’ai tout de suite succombé à son charme et l’ai enfourché dans mon caddie.

Cependant, souvenez-vous de ce que je vous ai dit sur la monnaie locale. Il est très difficile d’estimer combien cela va coûter ou de se souvenir combien de billets se trouvent encore dans son porte-monnaie. Le recomptage est long et fastidieux, et la multitude de billets similaires fausse souvent les comptes. Difficile donc de savoir si je vais pouvoir m’en sortir avec tous mes achats. C’est alors que commence le comptage de billets à la caisse avec une queue qui s’agglutine à mesure que le temps passe. J’ai finalement échappé à un grand moment de solitude puisque une fois la totalité payée, il me reste 100 kiats – 10 centimes. Well done !

Me against the food : Round 3 

Lors de mon excursion au supermarché, je tombe sur le rayon boucherie. Cela fait un moment que je n’ai pas vraiment mangé de viande et je rêve d’un tournedos saignant, mais bref ne rêvons pas. J’opte finalement pour un filet de poulet, en me disant que ça sera toujours plus sûre que du bœuf ou du porc, faut pas tenter le diable non plus. Je repars donc ravie, mon poulet en poche, en pensant déjà à ce que je pourrais en faire.

Deux jours plus tard, je me lance dans la préparation de mon poulet. Après 15mn de lutte acharnée pour enlever la peau et découper le tout en morceaux, tout est enfin prêt à cuire. Cependant, une odeur étrange flottait dans l’air…N’y faisant cas, les standards européens sont peut-être un peu trop exigeants parfois, ne fais pas ta sainte nitouche ! Je passe outre ce premier avertissement. Il est temps de passer outre nos habitudes alimentaires et nos règles de vie aseptisées ! Tu vis au Myanmar maintenant !

Grossière erreur de débutant.

L’odeur n’est jamais partie et le goût après 20 mn de cuisson était égal à l’odeur : c’est à dire au fond d’une chaussette portée par un coureur pendant une journée.

Le tout était donc tout simplement immangeable et l’odeur infecte est restée imprégnée dans mon nez et sur mes mains toute la journée et le tout s’est retrouvé au fond de ma poubelle.

Résultat : I lost

Leçon n°4 : Toujours se fier à sa première impression en matière d’aliment inconnu et surtout ne jamais acheter de viande au supermarché !

To be continued

 

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