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Une parisienne au Myanmar

et ailleurs!

Mois

décembre 2012

Premières Découverte de la ville – Octobre 2012

Au pays des pierres précieuses

Le marché Boyoke

Situé Downtown dans le centre historique de la ville, ce marché est l’un des plus connu de la ville et regorge de trouvailles improbables, mais surtout de nombreuses pierres précieuses. En effet, on trouve à tous les coins de rues des magasins qui proposent des rubis, jade, onyx et autres pierres à des prix défiants toute concurrence. Loin des arnaques traditionnelles thailandaises, il semblerait q’uil soit possible d’acheter une bague ornée de rubis pour 50 dollars (true story, Delphine a rempli ses valises de bagues en tout genre). Les mauvaises langues diront que ce sont des faux ou des imitations, mais les magasins sont agrées par le gouvernement et un papier officiel est fourni pour attester de la valeur des pierres achetées. A vérifier toutefois.

Pour ma première sortie au marché, mon sens redoutable des affaires a été mis à rude épreuve. Suivie par un garçon handicapé tentant de me vendre des peintures qu’il prétend avoir peintes lui-même, j’essaie par tous les moyens de me dépatouiller et de lui faire comprendre que merci mais je ne suis pas intéressée, en vain, la culpabilité finie par prendre le dessus et c’est pour la somme de 5 000 Kyats (5 euros – donc beaucoup ici) que je fais mon premier achat dont je n’ai aucunement besoin. Ceci dit la peinture n’est pas si mal et elle meuble plutôt bien les murs nus de ma chambre. Finalement, je n’ai pas perdu tout mon honneur !

Mon premier achat forcé...

Enfin presque, puisque le pigeon que je représente se fait alpaguer à peine deux minutes plus tard par un jeune garçon qui prétend à son tour réaliser à la main les éventails qu’il vend…il me dit aussi qu’il me fait un bon prix pour 2000 Kyats (2 euros) que je réussi à négocier à 1200 Kyats. Je repars donc avec mon éventail parfumé, pas trop fière de moi mais en pensant que ce n’est pas grand chose et que c’est tout de même une bonne action pour ce jeune garçon qui pourra aider sa famille. Mais le business reste le business et une dame s’empresse de m’aborder à peine quelques secondes plus tard pour me proposer le même éventail pour 1000 kyats…Merci beaucoup de me faire gentiment comprendre que je me suis fait arnaquer !

Mon magnifique éventail au bois de santal
Mon magnifique éventail au bois de santal

Cinéma

Luck I am ! Cette semaine a commencé le festival du film européen. Des films de toute l’Europe sont présentés pendant 15 jours. J’ai donc la chance de faire ma première expérience au Naw Pyi Daw cinéma, l’un des cinémas de la ville pour voir un film avec un film norvégien. Plusieurs films sont à l’affiche, mais cette séance est gratuite pour tous, même si généralement le prix ne dépasse pas les 1,20 euros.

L’expérience vaut le détour.

Le cinéma est le lieu de rencontre de toutes les classes confondues qui se retrouvent dans ce lieu climatisé pour des raisons multiples autres que l’intérêt cinématographique.

La séance commence avec l’hymne national birman où le non-respect (se lever est obligatoire) est un crime de lèse majesté et le film

Certains parlent, d’autres dorment, la plupart machouillent tout type d’amuse bouche local sous bruit de papier plastique. La pluplart ne vient voir les films en anglais pour que y regarder les images sans en comprendre un mot. Difficile au final de rester concentrer très longtemps sans en venir à pester contre les bruits multiples qui masquent les dialogues du film projeté, mais l’expérience est intéressante !

Le Nay Pyi Daw cinéma, Yangon
Le Nay Pyi Daw cinéma, Yangon

La suite et les photos arrivent!!  

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Chaque jour a son lot de surprises !

China town – Une sauterelle s’il vous plaît 

Toutes les grosses capitales du monde entier ont leur quartier chinois et bien évidemment Yangon a également le sien ! La proximité entre la Birmanie et la Chine a surement largement favorisé la migration des voisins chinois qui sont présents partout dans le pays.

Ainsi, entre la 5e et la 19e rue, signes chinois, fruits divers improbables et ruelles encombrées ne laissent pas de doute, nous voilà bien dans le Chinatown !

Des stands de brochettes grillées et barbecues aguicheurs en tout genre, le choix des mets est diversifié ! J’avoue ma faiblesse devant vous, mais je n’ai pas pu surmonter mon dégoût devant les bien trop grosses sauterelles croustillantes proposées par les vendeurs ambulants ventant les mérites de leur trésors. Les insectes regorgent de protéines paraît-il mais quand même…un pari lamentablement perdu aura peut être un jour raison de moi, mais ce jour n’est pas encore venu.

Le marché de Chinatown
Le marché de Chinatown

Une sauterelle pour la route

 

Night club baby ! Bienvenu au Mac Drive, choisis ta pute et roule !

Bienvenu dans le monde merveilleux de la nuit et des vices cachés ou pas – de notre chère société moderne – même s’il paraît que la prostitution est le plus vieux métier du monde….

Quoiqu’il en soit, le Gégé club reste quand même un lieu à part. Etalé sur neuf étages, l’arrivée au parking en met déjà plein  la vue et peut être fructueuse pour qui sait ouvrir l’œil et dégainer son portefeuille. Il est possible de ramasser sa marchandise sans même sortir de sa voiture. Sur demande, une quinzaine de filles s’alignent et en avant de guinguant pour une nuit de folie !

Le défilé des filles de joie continue également aux différents étages, de l’estrade aux « coulisses », ambiance musique à fond les ballons et putes à gogo. Talons hauts, robes moulantes et maquillage à outrage, nous voilà bien dans le monde underground de la nuit.

Sur le dancefloor, l’ambiance est un peu différente, à chaque refrain, la foule s’agite inlassablement – le sol en plastique rebondissant ne laissant aucun autre choix possible – et les gardes en uniformes surveillent d’un œil aiguisé les danseurs effrénés dégoulinants de sueur lorgnant leurs proies de coups d’œil à l’affût, le tout dans un décor des plus kitch.

Ce fut une nuit bien drôle que j’ai malheureusement rapidement dû écourter car la chaleur et le manque d’aération ont eu raison de moi.

Photos bien évidemment interdites donc je ne pourrais pas vous dévoiler en images ce lieu insolite que vous devrez venir découvrir de vos propres yeux.

Mon quotidien birman

Nos amis les animaux

Il n’est pas possible pour moi de parler de la Birmanie sans parler de mes amis à quatre pattes ou plus qui peuplent mon quotidien et me permettent de garder à l’esprit que nous ne sommes pas seuls sur terre ! Mises à part les cafards et les pigeons dont j’ai déjà brièvement abordé le sujet, certains animaux/insectes ont un comportement bien particulier ici.

C’est ainsi que chaque nuit un concerto de dizaine de chiens s’élève sous ma fenêtre à minuit tapante pendant exactement 10 mn pour finalement revenir à un calme complet. Chaque jour, à la même heure, pendant le même laps de temps, et si je tends bien l’oreille je pourrais même dire avec le même nombre de spécimens poilus, le même scénario se reproduit inlassablement.

Yangon est, comme beaucoup de villes d’Asie, une ville où les chiens errants se dandinent à longueur de journée, à la seule différence qu’ils ne sont pas méchants – sauf exception bien sûr. C’est pourtant toujours avec le même étonnement que j’assiste indibutable chaque soir à la réunion secrète du gang des chiens de Sanchaung – my place – essayant en vain de mettre à profit les multiples documentaires animaliers visionnés pour tenter de comprendre comment et surtout pourquoi se réunissent-ils ?! Je crois secrètement qu’ils essaient d’organiser un braquage dans la seule banque de Yangon…Interdite aux étrangers soit dit en passant…

Les rats ont quant à eux un rôle bien particulier ici qui a piqué ma curiosité tout en éveillant un certain « ma foi pourquoi pas hein, si ça fonctionne ! ».

Effectivement, il semblerait que les rats soient les bon samaritains de Yangon puisqu’ils participent au nettoyage des rues et font de Yangon une ville propre, malgré l’absence de poubelles et de ramassade d’ordures ! Non pas qu’ils déambulent en masse dans les rues mais participent finalement semble t-il et contre toute attente à la bonne hygiène de la ville. Cependant, le système D de la débrouille s’est remarquablement mis en place ici et une grande partie des ordures est aussi revendue pour être recyclée. C’est ainsi que l’on peut observer à longueur de journée des marchants ambulants munis de charrettes et de haut-parleurs hurlants à tout-va pour ramasser bouteilles en plastiques et objets divers.

Pour les autres joies du quotidien animalier, nous avons aussi nos amies les fourmis qui s’affairent à remplir leur mission principale et faire en sorte que rien ne soit jamais perdu ; les jeckos qui assurent la chasse aux moustiques en poussant des cris venant d’un autre monde ; et les coccinnelles qui se laissent tomber en masse du plafond pour atteinte le 7e siècle.

La vie sans communication – Restons zen :/

La vie sans téléphone et sans internet. Quelle délicieuse et frustrante expérience.

J’ai naivement pensé pendant un moment que nous n’avions que faire de ces inventions des temps modernes que sont le téléphone et internet créées dans l’unique but de nous asservir.

J’ai bien précisé naivement car tout ceci est évidemment faux. Nous sommes bien les esclaves de ce que nous avons crée et il nous est aujourd’hui difficilement possible de vivre hors du temps.

Après deux semaines passées sans téléphone portable, de rendez-vous manqués ou  d’égarements prolongés, la conclusion est sans appel : lorsque l’on y goûte une fois, il n’est plus possible de vivre sans. Même si la majorité des gens ici vit encore sans téléphone – ils ne savent pas encore ce qui les attend – car le coût d’une carte sim est d’environ 200 dollars après avoir fait une chute considérable depuis les 1000 dollars du départ il y a quelques mois à peine.

Pour ma part, je suis finalement parvenue à débloquer mon téléphone pour être de nouveau joignable jour et nuit, MAIS cela était sans compter sur l’efficacité redoutable du réseau birman. Il faut savoir que le réseau birman est un trouble fête. Sérieusement. Il s’agit, je pense, d’une situation complètement inédite jamais vu ailleurs. Téléphone occupé sans raison, réseau indisponible, messages délivrés deux fois sur trois et jamais lorsque le téléphone est éteint ou hors d’atteinte, pas de réception ni d’envoi de messages internationaux…de multiples situations qui laissent planer sans arrêt le doute et stimulent l’imagination.

Internet est une toute autre histoire, vous l’aurez compris depuis que vous ne recevez plus beaucoup de nouvelles de ma part. Internet est devenu un sujet tabou. Mais il semblerait que nous devrions obtenir un accès d’ici quelques jours – comme on dit dans une certaine partie du monde – Inchalla – car depuis près de 3 semaines que nous avons fait la demande et malgré les appels incessants de mon collègue, nous sommes toujours sans nouvelle.

Mon nouveau travail au Myanmar

Beaucoup d’entre vous m’ont demandé en quoi consistait concrètement mon travail ici, c’est pourquoi je vais tenter de donner un peu plus de détails quant à mes activités quotidiennes.

Je suis la représentante pays de l’ONG Partenaires ici au Myanmar. Partenaires, que mon très cher ami Christian connaît bien, est une ONG qui travaille depuis de longues années dans des pays difficiles sur des projets de type très différent. Aujourd’hui, les deux principales activités sont au Bangladesh et en Birmanie. Ma responsabilité est donc de gérer au mieux ici les projets qui sont mis en place et de trouver les financements adéquates pour les réaliser. Les principaux projets concernent l’amélioration de l’accès à l’eau et des conditions d’hygiène dans les écoles, ainsi que dans les villages les plus pauvres. Mais nous avons aussi des projets de construction d’écoles, d’amélioration de la productivité agricole et animalière, et des activités de micro-crédit. Pour cela, mon équipe de choc composée de 10 personnes, dont huit en Dry Zone, dans le Nord du pays, et de deux ici à Yangon, se dévoue corps et âmes sur le terrain pour déterminer les besoins locaux et venir en soutien aux populations qui en besoin.

Si les choses ont commencé doucement et m’ont laissé pensé que je pourrai profiter un peu du temps qui m’était imparti pour faire toutes les choses que je n’ai jamais eu le temps de faire à Paris, tout s’est accéléré d’un seul coup pour finalement m’amener à ne plus voir passer les jours. Des dossiers à monter, aux deadlines impératives en passant par les soucis d’équipe à gérer, les missions sur le terrain, les décisions à prendre et les rendez-vous professionnels, tout cela a finalement eu raison de mon temps libre.

Mais c’est quand même avec un plaisir certain que j’endosse ce rôle aux responsabilités importantes avec la gestion d’une équipe qui dépend des orientations et des décisions que je prends.

Cependant, la gestion d’une équipe nécessite aussi de faire face à certaines situations délicates et de savoir dire non quand il le faut. C’est ainsi que j’ai demandé à mon équipe de choisir entre toutes les religions mises à leur disposition pour bénéficier des jours fériés correspondants, car c’est tout naturellement qu’ils se sont appropriés à plusieurs reprises l’ensemble des jours fériés de toutes les religions confondues (et il y en a pas mal ici – Boudhiste, Indouhiste, Musulman, Chrétien…).

Pour ceux que ça intéresse, voilà l’endroit où je me cache : ) Le délai est de deux semaines pour tout envoi par la poste.

Partners Myanmar

Country Representative

57, D-3-1, Thazin Gayhar, Baho (Shan) Road

Sanchaung Township, Yangon – Birmanie

Fixe : 0095 951 511 178

Portable : 0095 9 4210 65093

Voici quelques exemples qui me font apprécier la vie ici au quotidien, malgré parfois un confort bien loin de la réalité parisienne : )

–       Il fait chaud, et ça c’est vraiment chouette ! Je ne me souviens presque plus de la sensation de froid (mon frigo n’est même pas en mesure d’atteindre cette performance…)

–       Je marche pieds nus au boulot, et ça c’est chouette aussi !

–       La tong est ma nouvelle meilleure amie (c’est juste provisoire ma luciole, ne t’inquiète pas)

–       Je me réveille avec le chant des oiseaux (Attention les pioupious n’ont aucun point commun avec les grouuugrous des méchants pigeons)

–       On retombe en enfance à chaque nouvelle découverte culinaire étonnante – enfin je n’ai pas encore réussi à passer le cap des oreilles de porc ni des énormes sauterelles…mais globalement ce n’est pas mauvais, même si la cuisine française reste de trèèèès loin bien meilleure

–       Les différences culturelles n’ont jamais fini de nous surprendre.  Roter en parlant est un fait courant ici : ) La grande classe !

Expériences inoubliables – La suite 2/2

Lancée sur les multiples expériences inoubliables que l’on fait chaque jour ici, je continue sur les petites choses surprenantes de la vie birmane.

Coupures

La plupart des pays en développement sont victimes de coupure d’électricité, encore une fois la Birmanie ne fait pas exception. C’est donc tout simplement que la vie s’arrête parfois pendant plusieurs heures nous laissant attendre patiemment que la lumière revienne pour poursuivre nos petites activités. Il faut savoir que le soleil se couche à 17h30 ici, et que sans électricité, la seule occupation accessible lorsque l’on est seul reste de se tourner les pouces. Autant vous dire que certaines soirées ont été très productives.

Mais cela n’aurait pas vraiment été tellement drôle si ces fameuses coupures ne survenaient pas également à tout moment de la journée. Ca ne devient vraiment intéressant que pendant les heures de boulot, plus de téléphone, plus d’ordinateur,  il ne reste alors plus qu’à prier Bouddha que le courant revienne aussi vite que possible.

Vive la productivité birmane. L’attente a été élue sport national.

Heureusement, depuis mon arrivée les coupures d’électricité n’ont pas dépassées les 2h30, mais paraît-il que pendant la saison sèche, elles font rages par tranche de 6h. L’achat d’un générateur s’avère donc être un achat essentiel pour ne pas frôler la crise de nerf.

Grâce à Dieu ou devrais-je dire Thank to Bouddha, cette petite joie de la vie ne concerne pas uniquement l’électricité : l’eau est aussi régulièrement coupée. Situation délectable lorsqu’il fait plus de 35 degrés et que la douche reste le moment le plus jouissif de la journée ou le seul moyen de garder ses amis – tout dépend du point de vue adopté.

J’ai pu faire ma première expérience le jour de mon arrivée, après 25h de vol et 2 jours de voyage, pas d’eau, pas de lumière, des pieds sales dans mon nouveau lit, du pur bonheur!

L’attaque fulgurante de la pluie tropicale

Je ne dévoilerais aucun scoop en disant que la Birmanie est un pays tropical et que donc la mousson est un événement incontournable. Parlons bien, parlons pluie. Ceci n’est pas une provocation destinée à toute personne vivant en France. Nous avons aussi de la pluie ici, au Myanmar ! S’il est vrai qu’elle est quand même bien plus chaude que dans notre doux pays, elle reste bien plus violente.

Bien qu’octobre clôture la saison des pluies, il arrive encore que la pluie se manifeste de façon inattendue au milieu de la journée. Cet événement reste à chaque fois une surprise de taille, car d’une seconde à l’autre, d’un soleil spendide à un torrent de pluie, nous voilà en quelques SECONDES à peine trempé jusqu’aux os. Je ne suis pas marseillaise (il n’y a là aucun message particulier pour ceux qui vienne de cette région délicieuse ) et en ai bien sûr fait l’expérience moi-même – tout en sachant que courir en tong est bien sûr chose impossible. Un seul conseil : continuer à marcher avec le sourire pour ne pas perdre la face et repérer l’abri le plus proche – sans tomber dans un trou (rappelez vous le Myanmar est un pays dangereux…).

Non, la mousson n’est donc pas une légende.

La leçon que j’ai pu tirer de cette aventure est que les apparences sont trompeuses. Toujours se tenir prêt à dégainer son parapluie, même sous un soleil de plomb !

 

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