Nos amis les animaux

Il n’est pas possible pour moi de parler de la Birmanie sans parler de mes amis à quatre pattes ou plus qui peuplent mon quotidien et me permettent de garder à l’esprit que nous ne sommes pas seuls sur terre ! Mises à part les cafards et les pigeons dont j’ai déjà brièvement abordé le sujet, certains animaux/insectes ont un comportement bien particulier ici.

C’est ainsi que chaque nuit un concerto de dizaine de chiens s’élève sous ma fenêtre à minuit tapante pendant exactement 10 mn pour finalement revenir à un calme complet. Chaque jour, à la même heure, pendant le même laps de temps, et si je tends bien l’oreille je pourrais même dire avec le même nombre de spécimens poilus, le même scénario se reproduit inlassablement.

Yangon est, comme beaucoup de villes d’Asie, une ville où les chiens errants se dandinent à longueur de journée, à la seule différence qu’ils ne sont pas méchants – sauf exception bien sûr. C’est pourtant toujours avec le même étonnement que j’assiste indibutable chaque soir à la réunion secrète du gang des chiens de Sanchaung – my place – essayant en vain de mettre à profit les multiples documentaires animaliers visionnés pour tenter de comprendre comment et surtout pourquoi se réunissent-ils ?! Je crois secrètement qu’ils essaient d’organiser un braquage dans la seule banque de Yangon…Interdite aux étrangers soit dit en passant…

Les rats ont quant à eux un rôle bien particulier ici qui a piqué ma curiosité tout en éveillant un certain « ma foi pourquoi pas hein, si ça fonctionne ! ».

Effectivement, il semblerait que les rats soient les bon samaritains de Yangon puisqu’ils participent au nettoyage des rues et font de Yangon une ville propre, malgré l’absence de poubelles et de ramassade d’ordures ! Non pas qu’ils déambulent en masse dans les rues mais participent finalement semble t-il et contre toute attente à la bonne hygiène de la ville. Cependant, le système D de la débrouille s’est remarquablement mis en place ici et une grande partie des ordures est aussi revendue pour être recyclée. C’est ainsi que l’on peut observer à longueur de journée des marchants ambulants munis de charrettes et de haut-parleurs hurlants à tout-va pour ramasser bouteilles en plastiques et objets divers.

Pour les autres joies du quotidien animalier, nous avons aussi nos amies les fourmis qui s’affairent à remplir leur mission principale et faire en sorte que rien ne soit jamais perdu ; les jeckos qui assurent la chasse aux moustiques en poussant des cris venant d’un autre monde ; et les coccinnelles qui se laissent tomber en masse du plafond pour atteinte le 7e siècle.

La vie sans communication – Restons zen :/

La vie sans téléphone et sans internet. Quelle délicieuse et frustrante expérience.

J’ai naivement pensé pendant un moment que nous n’avions que faire de ces inventions des temps modernes que sont le téléphone et internet créées dans l’unique but de nous asservir.

J’ai bien précisé naivement car tout ceci est évidemment faux. Nous sommes bien les esclaves de ce que nous avons crée et il nous est aujourd’hui difficilement possible de vivre hors du temps.

Après deux semaines passées sans téléphone portable, de rendez-vous manqués ou  d’égarements prolongés, la conclusion est sans appel : lorsque l’on y goûte une fois, il n’est plus possible de vivre sans. Même si la majorité des gens ici vit encore sans téléphone – ils ne savent pas encore ce qui les attend – car le coût d’une carte sim est d’environ 200 dollars après avoir fait une chute considérable depuis les 1000 dollars du départ il y a quelques mois à peine.

Pour ma part, je suis finalement parvenue à débloquer mon téléphone pour être de nouveau joignable jour et nuit, MAIS cela était sans compter sur l’efficacité redoutable du réseau birman. Il faut savoir que le réseau birman est un trouble fête. Sérieusement. Il s’agit, je pense, d’une situation complètement inédite jamais vu ailleurs. Téléphone occupé sans raison, réseau indisponible, messages délivrés deux fois sur trois et jamais lorsque le téléphone est éteint ou hors d’atteinte, pas de réception ni d’envoi de messages internationaux…de multiples situations qui laissent planer sans arrêt le doute et stimulent l’imagination.

Internet est une toute autre histoire, vous l’aurez compris depuis que vous ne recevez plus beaucoup de nouvelles de ma part. Internet est devenu un sujet tabou. Mais il semblerait que nous devrions obtenir un accès d’ici quelques jours – comme on dit dans une certaine partie du monde – Inchalla – car depuis près de 3 semaines que nous avons fait la demande et malgré les appels incessants de mon collègue, nous sommes toujours sans nouvelle.

Mon nouveau travail au Myanmar

Beaucoup d’entre vous m’ont demandé en quoi consistait concrètement mon travail ici, c’est pourquoi je vais tenter de donner un peu plus de détails quant à mes activités quotidiennes.

Je suis la représentante pays de l’ONG Partenaires ici au Myanmar. Partenaires, que mon très cher ami Christian connaît bien, est une ONG qui travaille depuis de longues années dans des pays difficiles sur des projets de type très différent. Aujourd’hui, les deux principales activités sont au Bangladesh et en Birmanie. Ma responsabilité est donc de gérer au mieux ici les projets qui sont mis en place et de trouver les financements adéquates pour les réaliser. Les principaux projets concernent l’amélioration de l’accès à l’eau et des conditions d’hygiène dans les écoles, ainsi que dans les villages les plus pauvres. Mais nous avons aussi des projets de construction d’écoles, d’amélioration de la productivité agricole et animalière, et des activités de micro-crédit. Pour cela, mon équipe de choc composée de 10 personnes, dont huit en Dry Zone, dans le Nord du pays, et de deux ici à Yangon, se dévoue corps et âmes sur le terrain pour déterminer les besoins locaux et venir en soutien aux populations qui en besoin.

Si les choses ont commencé doucement et m’ont laissé pensé que je pourrai profiter un peu du temps qui m’était imparti pour faire toutes les choses que je n’ai jamais eu le temps de faire à Paris, tout s’est accéléré d’un seul coup pour finalement m’amener à ne plus voir passer les jours. Des dossiers à monter, aux deadlines impératives en passant par les soucis d’équipe à gérer, les missions sur le terrain, les décisions à prendre et les rendez-vous professionnels, tout cela a finalement eu raison de mon temps libre.

Mais c’est quand même avec un plaisir certain que j’endosse ce rôle aux responsabilités importantes avec la gestion d’une équipe qui dépend des orientations et des décisions que je prends.

Cependant, la gestion d’une équipe nécessite aussi de faire face à certaines situations délicates et de savoir dire non quand il le faut. C’est ainsi que j’ai demandé à mon équipe de choisir entre toutes les religions mises à leur disposition pour bénéficier des jours fériés correspondants, car c’est tout naturellement qu’ils se sont appropriés à plusieurs reprises l’ensemble des jours fériés de toutes les religions confondues (et il y en a pas mal ici – Boudhiste, Indouhiste, Musulman, Chrétien…).

Pour ceux que ça intéresse, voilà l’endroit où je me cache : ) Le délai est de deux semaines pour tout envoi par la poste.

Partners Myanmar

Country Representative

57, D-3-1, Thazin Gayhar, Baho (Shan) Road

Sanchaung Township, Yangon – Birmanie

Fixe : 0095 951 511 178

Portable : 0095 9 4210 65093

Voici quelques exemples qui me font apprécier la vie ici au quotidien, malgré parfois un confort bien loin de la réalité parisienne : )

–       Il fait chaud, et ça c’est vraiment chouette ! Je ne me souviens presque plus de la sensation de froid (mon frigo n’est même pas en mesure d’atteindre cette performance…)

–       Je marche pieds nus au boulot, et ça c’est chouette aussi !

–       La tong est ma nouvelle meilleure amie (c’est juste provisoire ma luciole, ne t’inquiète pas)

–       Je me réveille avec le chant des oiseaux (Attention les pioupious n’ont aucun point commun avec les grouuugrous des méchants pigeons)

–       On retombe en enfance à chaque nouvelle découverte culinaire étonnante – enfin je n’ai pas encore réussi à passer le cap des oreilles de porc ni des énormes sauterelles…mais globalement ce n’est pas mauvais, même si la cuisine française reste de trèèèès loin bien meilleure

–       Les différences culturelles n’ont jamais fini de nous surprendre.  Roter en parlant est un fait courant ici : ) La grande classe !

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