Nous sommes aujourd’hui le 22 novembre 2012 (oui bon, j’ai pris un peu de retard on va dire…), cela fait donc officiellement deux mois complets que j’ai foulé le sol birman et que ma nouvelle vie a commencé ici.

Comme vous vous en doutez sûrement, ma vie en Birmanie n’a absolument rien de comparable avec ma vie parisienne. Ici, tout est bouleversé et chaque moment se ponctue de nouvelles découvertes étonnantes !

Voici un aperçu des dernières semaines passées ici

Communication avec le monde extérieur

Après une malencontreuse aventure, mon téléphone français a rendu l’âme et c’est avec grand peine que j’ai dû m’en séparer, mais par cette occasion j’ai pu faire l’acquisition d’un magnifique nouveau téléphone Ferrari ! Youhou ! La grande classe ! Mais j’ai un mauvais pressentiment avec ce téléphone chinois qui finira sûrement par me claquer dans les doigts…Effectivement, quelques mois plus tard, il finira comme ça…

Solide les téléphones chinois :/
Les téléphones chinois sont toujours aussi solides :/

L’accès aux services de communication, téléphone et internet compris, est une question délicate au Myanmar car loin d’être généralisé, il reste encore compliqué pour beaucoup. Mieux que l’interdiction, le gouvernement en place depuis de nombreuses années avait choisi le prix.

Jusqu’à l’année dernière, une puce de téléphone coûtait environ 1000 euros et l’installation d’une connexion internet autour de 2000 euros, autant dire inaccessible pour 99% des birmans. Une bonne stratégie pour limiter l’accès et la diffusion de l’information et les risques de rébellion interne. On sait maintenant avec les révolutions arabes que les réseaux sociaux sont des armes de plus en plus puissantes au sein des régimes répressifs.

Mais l’ouverture démocratique et les récents évènements de coopération avec les pays étrangers et les instances internationales amènent peu à peu le pays à s’ouvrir au monde.

Aujourd’hui, une puce de téléphone ne coûte plus que 200 dollars et le prix de l’accès à internet est également aussi bien descendu. S’il reste encore onéreux de communiquer avec l’extérieur une nouvelle voie s’ouvre, attendons la suite !

Evènement interplanétaire

Le lundi 26 novembre 2012 a eu lieu un événement incroyable qui illustre le bouleversement que subit en ce moment le Myanmar. Ce cher Obama a fait une apparition à Yangon, rendant visite aux étudiants de l’Université américaine, et en profitant de l’occasion pour faire la bise à la Dame de Rangoon, Aung San Su Kyi. Symbole de l’Occident, de la démocratie et de l’ouverture, l’arrivée du Président américain a fait grand bruit dans les médias tout en suscitant la méfiance du gouvernement. Son discours empreint de droits de l’homme et d’ouverture a hypnotisé l’auditoire birman, mais ne fut traduit que jusqu’à un certain point. Le traducteur en charge de cette tâche délicate a préféré rester silencieux au moment où Obama a invité les birmans à faire valoir leurs droits pour que la démocratie s’installe enfin dans leur pays. Conseil osé et pari risqué, aussi bien pour l’un que pour l’autre.

Tout ne peut pas changer du tout au tout en un instant. Le Myanmar reste le Myanmar, un pays resté cloîtré pendant des décennies où la peur et la méfiance furent reines amenant certains à dénoncer leurs voisins pour protéger leur famille.

Pour tous ceux qui regardent aujourd’hui le Myanmar, encore à l’abri du tourisme de masse, l’arrivée des burger king, mac do et compagnie fait peur car l’on redoute tous la transformation du pays à l’instar de la Thaïlande où les shopping mall et les enseignes commerciales jonchent les trottoirs et envahissent les paysages dénaturés. Seules quelques campagnes ont réussi à préserver leurs traditions, mais ce sont désormais de rares exceptions. Le tourisme est positif et essentiel pour chaque pays, mais outre les effets positifs, les effets sont souvent dévastateurs pour l’environnement et les ethnies minoritaires locales et cela fait rarement exception. Le lac Inle, grand spot touristique du Myanmar, subit déjà le poids de ces visiteurs venant du monde entier pour découvrir ce pays mystérieux. Les bords du lac autrefois recouverts de forêts sont déboisés chaque jour un peu plus pour construire hôtels et complexes touristiques. Une fois la machine lancée, difficile de la contrôler et c’est regrettable, mais c’est semble t-il le prix à payer pour avoir ouvert au monde un pays de merveilles.

Mais les américains sont accueillis comme le messie. A la différence des chinois, tant redoutés ici pour leur négligence des règles de sécurité et les conditions de travail déplorables imposés aux mineurs et autres travailleurs, les entreprises américaines et plus largement occidentales respectent les normes environnementales et prennent soin de leur personnel tout en mettant en place des actions sociales pour le pays. Comment espérer qu’un pays se développe tout en souhaitant qu’il ne s’ouvre que dans un sens au commerce international pour lequel le Myanmar reste une poule aux œufs d’or.

Un nom pour quoi faire ?

Les birmans n’ont pas la même approche que nous des noms et des prénoms. En Europe, c’est simple, on ne choisit pas son nom, et le prénom des enfants n’est en fait que le reflet des sonorités que l’on aime. Ici, c’est différent. Ce qui paraît le plus naturel du monde pour nous autres occidentaux n’a pas cours ici. Les birmans n’ont tout simplement pas de nom de famille. C’est comme ça. Ils ont tous des prénoms bien sûr, mais pas de nom de famille. C’est pour cette raison que les formulaires et autres documents d’identité renseignent automatiquement le nom du père. Cette tradition rend les choses bien difficiles en ce qui concerne la généalogie et prête fortement à confusion car il est facile de rencontrer deux personnes qui portent le même nom sans pouvoir les différencier sur le papier.

Pour les bébés, c’est encore étonnant. On ne leur donne un prénom qu’après trois mois. Cela dépendra alors du jour de sa naissance, du jour de la semaine, du mois et bien sur des conseils de l’astrologue. Les birmans sont très superstitieux et le recours aux astres et autres pratiques spirituelles sont monnaie courante et ont une véritable influence sur leur vie au quotidien. Il n’empêche que les bébés restent partout les mêmes et sont toujours aussi mignons !

La femme d’un ami comptable vient d’accoucher et nous leur rendons visite pour pouvoir contempler le nouveau petit ange. J’en profite pour faire mon premier achat de vêtement de bébé : )

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En passant 

Les moustiques ces vampires !

Si de façon générale les moustiques ne sont pas trop féroces à Yangon, j’ai pu faire l’expérience de leur frénésie ! Un moustique qui a la dalle ça fait mal !

Ce résultat a été atteint en 3mn chrono.

Le champs de bataille
Le champs de bataille
Un brin de folie artistique à Yangon

Le Myanmar est surtout connu pour ses paysages à couper le souffle, ses nombreux temples qui peuplent les plaines du pays et ses milliers de pagodes dorées, mais le pays regorge aussi d’une richesse incroyable : ses artistes. C’est au hasard des rencontres que l’on m’a parlé d’une petite galerie nichée au premier étage d’un immeuble à la façade défraichie que se cachent des trésors : Pasodan Gallery.

Découverte en images en compagnie de mon amie, Morgane.

Tableaux à la Pasodan Gallery
Tableaux à la Pasodan Gallery

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A la découverte des toiles cachées!

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Quelques photos au passage
Découverte d'un marché local
Découverte d’un marché local à Yangon
Un coucher de soleil de mon balcon
Un coucher de soleil de mon balcon
On s’éclate dans le bus de nuit – Avec mon collègue sur le chemin de la Dry Zone H-8
On s’éclate dans le bus de nuit – Avec mon collègue sur le chemin de la Dry Zone H-8

A bientôt pour de nouvelles aventures! 

 

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