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Une parisienne au Myanmar

et ailleurs!

Mois

mai 2013

Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix mais symbole controversé

Le Myanmar a changé mais pas tant que ça

Le 9 décembre dernier, j’ai assisté avec mon équipe à un évènement inattendu qui bouleversera et mettra en émoi l’ensemble des habitants de la petite ville de Yenangyaung en Dry Zone, située dans le centre du pays, où se trouve aussi le bureau de terrain de Partenaires pour qui je travaille.

A cette période là, je dois m’y rendre pour faire le point avec mon équipe, visiter des villages et récolter des informations pour de futurs projets, c’est donc complètement par hasard que je me trouve là à cette occasion : Aung San Su Kyi doit faire une apparition en public dans la journée.

Plusieurs jours avant, tout le monde est déjà surexcité, les drapeaux du NDL flottent dans les airs et des portraits du général Aung San et de sa fille apparaissent petit à petit aux quatre coins de la ville.

Le Général Aung San, père de l'indépendance du Myanmar et de son unification ethnique
Le Général Aung San, père de l’indépendance du Myanmar et de son unification ethnique

Aung San Su Kyi, symbole de la liberté, d’ouverture et de démocratie, est adulée par la plupart des birmans, c’est donc un événement inoubliable de pouvoir apercevoir celle que l’on appelle la Dame de Rangoon.

Bien des personnes ont eu la chance de l’apercevoir à Paris ou ailleurs, mais les circonstances de cette rencontre restent pour moi exceptionnels, et ont bien remis les pendules à l’heure. Ne jamais oublié que les acquis dans notre pays ne le sont pas forcément ailleurs.

Région non touriste, on ne croise pas d’étrangers à Magway. Il faut un visa ONG et une autorisation demandée un mois avant pour pouvoir entrer légalement dans la zone. On ne vient donc pas là par hasard. Ce jour-là, je suis la seule étrangère à pointer mon nez au meeting.

La Dame a déjà commencé son discours lorsque nous arrivons sur place, les regards sont hypnotisés et les bouches ouvertes des habitants boivent les paroles qu’elle prononce. Seule sa voix résonne dans le grésillement du micro, puis tout à coup, la foule s’anime et les drapeaux s’agitent sous des applaudissements enflammés. Son discours se termine et tout le monde se disperse petit à petit, mais beaucoup restent devant la grille en attendant qu’elle sorte.

La Dame en plein discours
La Dame de Yangon en plein discours
La foule présente au meeting
La foule présente au meeting
Aux couleurs du parti, ils ont mis le paquet!
Aux couleurs du parti, ils ont mis le paquet!

J’essaie de m’avancer un peu pour prendre une photo quand elle sortira du bâtiment, mais au fur et à mesure les gens me laissent la place en me poussant devant eux et je me retrouve devant les grilles. On m’offre bouteille d’eau et parapluie pour me rafraîchir et m’abriter du soleil. Etonnant. Puis un garde m’interroge de l’intérieur pour savoir si je souhaiterai rencontrer la Dame. Je décline poliment l’offre en expliquant que je ne suis pas différente de tous ces qui sont venus l’écouter, mais quelques minutes plus tard, des rumeurs circulent sur mon compte, la « foreigner serait peut-être journaliste… » et nous devons rebrousser chemin, cela pourrait ne pas plaire aux représentants locaux du gouvernement. La réalité nous rattrape. Nous sommes en Birmanie et cet élan d’enthousiasme ne réjouit pas tout le monde et pourrait nous causer des problèmes. Travailler pour une ONG apolitique implique aussi de ne pas prendre de risques inutiles qui pourraient porter préjudice à d’autres sans le savoir.

Il n’en reste que ce fut un moment intense et riche en émotions !

Aung San Suu Kyi, décembre 2012
Aung San Suu Kyi, décembre 2012
Une réputation controversée

Les choses commencent à changer dans le pays depuis la libération d’Aung San Suu Kyi et les récents évènements qui ont secoué le pays ces derniers mois. La Dame, fille du Général Aung San, père de l’indépendance, est devenue l’emblème du pays à l’étranger et plus encore le symbole de la liberté et de la démocratie pour l’ensemble des birmans. Après plus de 15 ans passés en résidence surveillée, elle fut libérée en novembre 2010. Beaucoup ont espéré de cette libération et y ont vu un pas en avant pour l’accession à la démocratie et l’ouverture du pays (commerciale ou autre).

Mais ses silences prolongés sur les conflits interethniques, sa présence à la fête de l’armée, d’autres faits sur lesquels elle ne s’est pas prononcée ou encore plus récemment, dans le Bangkok Post du 25 mai dernier, où elle prend partie le côté d’une grosse société minière qui souhaite acquérir les terres de 26 villages pour mettre en place une nouvelle mine de « copper » et délogera tous les habitants sous son approbation, soucieuse de ne pas compromettre les relations avec la Chine. Faîte votre avis !

« After violent protest against the mine last November, during which human rights groups say the police used white phosphorous smoke grenades, the government established an inquiry led by Mrs Suu Kyi. To the relief of Wanbao (la société chinoise), the inquiry ruled that the compagny could continue to expand, and Mrs Suu Kyi, anxious to not alienate China, urged the farmers to cooperate with the project ».

Prix Nobel de la paix ? Les mots sont une chose, les actes une autre…

Ces réflexions n’engagent évidemment que moi, mais il est intéressant de regarder de l’autre côté du miroir et de s’interroger sur ce que l’on nous fait croire…

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Aurélie

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Bangkok, ville de luxure ! Du village de pêcheur à la mégapole

Petit village de pêcheurs situé sur la rive droite de la rivière Chao Phraya il y a quelques dizaines d’années, Bangkok est aujourd’hui devenue la ville la plus importante du pays et l’une des plus importantes du Sud-Est asiatique avec près de 12 millions d’habitants.

Cette « ville des anges » a vu son visage se transformer au fil du temps avec un développement à outrance et une urbanisation massive. Elle risque pourtant de disparaître dans les prochaines années à cause du non-respect des contraintes naturelles et du changement climatique. La ville construite sur une zone marécageuse s’enfonce chaque année d’environ 3 cm selon les chiffres officiels tandis que le niveau des océans augmente. Les inondations de 2011 ont donné un premier aperçu significatif…

Les avis sur cette métropole immense aux rues bondées et aux grattes ciel à perte de vue diffèrent selon les expériences et les personnes rencontrées. Pour certains, cette ville est un véritable refuge où la vie est simple et facile. Pour d’autres, Bangkok reste une ville de luxure, impersonnelle, où tout est permis et tout est possible : du ping pong show au massage des pieds à 2h du matin, ici, les envies les plus folles peuvent être assouvies sans problèmes. La Thaïlande est le pays du service, où tout y est fait pour satisfaire le client et faciliter la vie de celui qui peut payer.

En quelques dizaines d’années, le tourisme et le développement du pays ont transformé la ville et ses habitants. L’amabilité ne fait plus vraiment partie du quotidien des thaïs, lassés des gens de passage et à l’affût du profit, où les touristes sont des pigeons qu’il est facile d’amadouer. Les voitures ont envahi chaque espace de la rue donnant lieu à des embouteillages sans précédent où se déplacer est un véritable calvaire.

Rooftop night view
Rooftop night view
Les files de voiture ne s'arrêtent jamais...
Les files de voitures ne s’arrêtent jamais…Pour parcourir quelques kilomètres, il faut parfois prévoir des heures entières

Le choc est rude lorsque l’on arrive directement du Myanmar, pays du sourire et de la gentillesse où les gens nous saluent dans la rue toujours prêt à rendre service, et où les voitures laissent encore la place aux marchés et aux piétons….Enfin, encore pour quelques années j’espère !

Cependant, se promener loin des regards et arpenter les centres commerciaux gigantesques pour faire son shopping dans la démesure peut aussi s’avérer être une grande bouffée d’air et provoquer une sensation de liberté….La société de consommation est toujours bien présente dans nos esprits, c’est dur de s’en défaire complètement…

MBK - Shopping mall de référence
MBK – Le shopping mall de référence
Les shopping mall à 8 étages
Les shopping malls à 8 étages

Encore un grand merci à Alicia, qui m’a accueillie few months ago dans son appart vraiment chouette pendant ces quelques jours de passage !

Alicia, ma bonne fée de Bangkok :)
Alicia, ma bonne fée de Bangkok 🙂

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Aurélie

La capitale et les alentours ou l’histoire de Dalah et du moine mort

La petite histoire de Yangon

Après quelques mois d’absence, me voilà de retour pour vous conter de nouvelles anecdotes!

Yangon, dont le nom signifie « fin des combats » fut construite en 1755 par le roi Alaungpaya qui espérait qu’après cette conquête du pays vers le bas, il ne serait plus nécessaire de se battre. Mais ce n’est qu’en 1885 qu’elle devint capitale du pays après la conquête du nord par les anglais et la chute de Mandalay, dernier royaume birman du pays.

Les anglais quittèrent le pays en 1848 et abandonnèrent aux mains des birmans leurs bâtiments coloniaux qui furent transformés en habitations. Mais en 1988, le gouvernement en place décide de déplacer de force 15% de la population dans le nord est de la ville pour réhabiliter et occuper à nouveau ces bâtiments de l’époque coloniale qui devinrent bureaux, entreprises et appartements.

Aujourd’hui encore, à Yangon, on peut observer dans le sud de la ville, les anciens bâtiments coloniaux de naguère, mais beaucoup ont été laissé à l’abandon après le départ de l’administration en 2005.

Héritage des colons britanniques
Héritage des colons britanniques
Les bâtiments coloniaux à Yangon
Les bâtiments coloniaux à Yangon

Finalement presque 20 ans plus tard, en 2005, la junte décide de déménager la capitale, sur conseils d’astrologues avisés, à Nay Pyi Taw dans le centre du pays, cité imprenable et en réalité stratégique. Malgré cela, Yangon demeure le centre commerçant et diplomatique du pays, et de loin, la ville la ville important. Ses rues animées et ses marchés colorés à tous les coins de rue n’ont rien de comparable avec la nouvelle capitale, isolée et déserte, qui abrite d’immenses bâtiments administratifs froids et austères reliés entre eux par des routes goudronnées et éclairées de jour comme de nuit où il n’y a pas âme qui vive. Alors que le reste du pays peine à obtenir l’électricité celle-ci est gaspillée pour le caprice de quelques uns…

Je n’ai encore jamais mis les pieds dans la capitale, mais voilà déjà ce que l’on en dit…Update en novembre quand je pourrai en témoigner de visu!

Nay Pyi Taw, nouvelle capitale
Nay Pyi Taw, nouvelle capitale 
Dalah, le petit village de Yangon

Situé de l’autre côté de la Yangon River, Dhala n’a rien à voir avec la capitale économique du pays. Loin des grandes rues et de la vie active de Yangon, Dhala est un petit village de campagne loin des touristes et des voitures. Accessible en ferry, on fait le tour de la bourgade à trishaw sous le regard étonné des habitants.

La vie y est tranquille mais certainement plus difficile car les conditions restent précaires. Malgré tout, les villageois comme les enfants gardent le sourire aux lèvres et nous accueillent avec enthousiasme. Ce fut un vrai plaisir de découvrir cette vie locale et de partager des plaisirs simples, un bonjour, un salut et disparaissent les différences de  couleur de peau et de culture.

Arrivée à Dhala après la traversée de la Yangon River
Arrivée à Dhala après la traversée de la Yangon River
Beaucoup d'habitants se déplacent en barque
Beaucoup d’habitants se déplacent en barque
Joyeux, rieurs, farceurs, les enfants nous étonnent toujours
Joyeux, rieurs, farceurs, les enfants nous étonnent toujours

On joue au Chilon, sorte de football, mais avec une balle en osier et les règles sont un peu différentes et la difficulté bien plus grande.

Match de chilon entre villageois
Match de chinlon (sorte de balle en osier) entre villageois

J’ai même le droit à une déclaration d’amour 🙂

Original mais efficace!
Original mais efficace!

Au détour d’une rue se présente un temple que notre guide/conducteur de trishaw (vélo tricyle) nous conseille de visiter en précisant que nous avons de la chance car aujourd’hui se déroule une cérémonie particulière….Nous entrons donc dans ce petit temps et admirons les pagodes dorées et autres représentations bouddhistes lorsque l’on nous conduit dans une vaste pièce où des sons de prières retentissent. Curieux de découvrir l’objet de cette cérémonie, nous entrons. Tout le monde est assis par terre et répète des psaumes lancés par un moine sur une petite estrade. Rien d’anormal jusque-là excepté le moment où notre regard s’est tourné vers des pieds sortants d’un lit installé à droite de la pièce. D’abord intrigués, nous nous sommes vite rendu compte que la cérémonie spéciale était en fait pour rendre hommage au moine décédé il y a peu.
Dans la tradition bouddhiste, les corps sont gardés quelques jours au sein du temple, le temps de confectionner sa « pirogue sacrée » (il y a sûrement un autre nom pour cela) qui le conduira au nirvana.

Les différences de culture n’ont pas fini de nous surprendre!

A bord de notre trishaw...
A bord de notre trishaw…
Au détour d'un temple...
Au détour d’un temple…
Une rencontre surprenante...Les villageois s'agitent pour finir dans les plus brefs délais, la pagode qui mènera le moine vers l'au-delà...Confusing.
Une rencontre surprenante…Les villageois s’agitent pour finir dans les plus brefs délais, la pagode qui mènera le moine vers l’au-delà…Confusing.

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Aurélie

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